LE PROJET

Tournon est une ville rhodanienne, située sur la rive droite du fleuve.  L'occupation de ce site est sans doute très ancienne même s'il est difficile d'apporter des éléments probants. Pour les périodes les plus reculées, il est nécessaire de se limiter à quelques hypothèses.

L'examen de l'espace géographique local peut nous amener à supposer qu'il a fait l’objet d’une occupation dès l’Antiquité. Ainsi, pour l’époque romaine,  on peut affirmer sans trop de risques que le territoire a été occupé mais il conviendrait de définir le type de structure. On a trouvé divers vestiges dont certains éléments sont conservés encore de nos jours mais mais depuis les premières publications historiques du XVIe siècle, beaucoup d'auteurs non pas hésité à laisser vagabonder leur imagination. 

Il sera donc nécessaire de remettre à plat les quelques éléments qui mériteraient d'être reliés entre eux, de nettement séparer les trouvailles faites par hasard de celles qui paraissent mieux fondées sur le travail archéologique. L'histoire fabuleuse de Jean Pélisson comme les reprises d'éléments sans vérification dans des compilations qui ont suivi est un exemple à examiner de près.

L'histoire de Tournon, comme c'est le cas souvent, s'est construite à partir de nombreux récits légendaires, repris régulièrement sans aucun esprit critique pour aboutir à une histoire officielle.

Les sources écrites ont été utilisées par certains puis quelque peu délaissées au profit d'un travail historique qui s'appuie sur des notes d’érudits locaux, très utile parfois quand les originaux ont disparu mais exposées à créer le doute dans d'autres cas. 

Les affirmations, répétées de livres en livres,  deviennent rapidement les seules et vraies paroles de vérité qu'il est fort difficile de corriger. Tout cela est évidemment repris aujourd'hui dans le cas dans du discours touristique que l'on tente de faire passer. Je prendrai un exemple qui illustre parfaitement le point de vue énoncé, celui de la topographie. Il reste aujourd'hui quelques éléments qui permettent d'appuyer le commentaire topographique du Moyen Âge sur des vestiges et une physionomie encore visibles. Le temps et les modifications urbanistiques contemporaines non pas encore détruit une part du visage du passé dans cette petite ville.

En revanche, dans les écrits récents, on a une fâcheuse tendance à mélanger les périodes, ce qui plaide pour la nécessité de bien préciser les phases d'évolution de l'espace. Il reste quelques fragments de l'ancienne muraille, une porte plutôt bien conservée (celle dite de Mauves), quelques éléments permettant de localiser deux autres. On voit aussi, sur la hauteur à l'ouest, deux tours dont une au nord s’est toujours appelée au Moyen Âge la tour Saint-Jacques et que l'on continue à confondre avec une autre. D'autres commentaires similaires pourront être faits. 

Pour les diverses zones de l'espace intra-muros comme pour la localisation des terroirs de l'espace extra-muros, les parcellaires ou compoix de même que les plans cadastraux depuis le napoléonien apportent un appui de qualité.

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