La ville de Tournon, qui n'a jamais disposé de compoix avant le milieu du 15e siècle, en a élaboré un en 1448. Son préambule, présenté et étudié précédemment, explique de manière détaillée le contexte de son l'élaboration. La conservation de ce document est faite dans le fond communal sous la cote CC1. Même si on note quelques fois en marge des ajouts ou des retranchements, on ne peut pas considérer qu'il ait été utilisé comme un coursier systématique. N'oublions pas de signaler une autre enquête fiscale qui peut-être étudiée en parallèle, celle de 1464, initié par les États de Vivarais.
Au début du 16e siècle, en raison du développement topographie des quartiers, de l'expansion démographique et économique, il a paru nécessaire d'élaborer un nouveau compoix. Le document formé de deux très gros registres, qui débutent par la marche des cens de la collégiale de Tournon a été analysé de manière erronée par l'archiviste Lesourd qui, dans son inventaire détaillé de la série G, indique qu'il s'agit du terrier de la collégiale. A contrario, nous avons affaire à un nouveau compoix : il comporte lui aussi certainement en marges de gauche, les ajouts et retranchements pendant une période. On trouve ensuite une suite de coursiers qui notent de manière systématique les mutations.
À la fin du 16e siècle, et comme l'indique déjà dans son livre de raison Jean Cussonel, on a procédé à l'élaboration d'un nouveau compoix, inconnu à ce jour jusqu'à celui de 1648 étudié par Jean Thiébaud ( conserver dans le fond communal sous la cote CC2 et CC 3).
Le compoix de 1448 et partiellement celui de 1521 (pour l’intra muros) ont été étudiés par J. MOURIER (thèse Enc 1984), permettant de dégager quelques pistes tant sur le plan topographique que sur les plan économique et social.
La seconde partie du 16e siècle a été marqué par les épidémies et les répercussions des guerres religieuses. Tournon, comme beaucoup d'autres localités, on subit des conséquences démographiques, économiques avec des transformations de la topographie locale. Il a donc paru nécessaire d'élaborer un nouveau document cadastral puisque les coursiers n'étaient plus utile pour des mises à jour correctes.
L'élaboration de compoix à Tournon a nécessité dès le 15e siècle des recours judiciaires avec les deux localités de Mauves et de Glun pour les contraindre à participer à l'effort fiscal, du fait peut-être quel recours est à la localité protégée par ses murailles et devaient ainsi concourir à une partie du prélèvement des impôts locaux. Sans doute à l'occasion de l'élaboration du document cadastral de 1448, on conserve un cahier avec divers extraits de compte attestant le poids de la charge fiscale pour l'entretien des murailles et de la sécurité de la ville principale. On peut considérer qu'il s'agit d'un document destiné à nourrir le dossier en vue du procès. Pour 1521, il en est allé de même mais aucun document ne peut le prouver à ce jour. Enfin les délibérations de la fin du 16e siècle montrent le déroulement des opérations préparatoires à l'élaboration d'un hypothétique futur compoix.
QUELQUES EXTRAITS DES DÉLIBÉRATIONS
AMT BB1 (?-)
[rédigé par J. Cussonel, secrétaire] - mettre en relation avec le livre des mémoires
[Feuillet papier - analyse au dos]
“Deliberation de conseil du XXIIIe août 1592
Pour le voyage de Monsieur le lieutenant Robert, despuys Nymes jusques a Monpelier, pour les afferes de la ville de Tournon, men[ant?-] en ladicte delibération.”
“ Conseil tenu en la maison de moy, secretaire de la ville de Tournon.
Le XXIIIIe (biffé) aoust 1592, auquel lieu ont esté assemblez (biffé) Sr Pierre Davity et Joseph Berthier, consultant, Guilhaume Robert, Anthoine de Combedemenge, François Josserand, Estienne Barjonnet et Estienne Faure, conselliers,
Sur les propositions faictes a l’assemblée par lesd[ictz?-] srs consulz que led. Robert, lieuten[-] aud[ict] Tournon s’en va a Nymes pour ses afferes, et que, de la, il seroit besoin, s’il luy plaict, s'acheminer à Montpellier pour donner ordre a plusieurs afferes d’importance que lad[icte] ville y a, tant pour le proces contre Claude Ricol pour sa pretendue exemption de l’exaction des tailles que pour obtenir commission pour reffere nostre cadastre, poursuyvre(?-) la reunion de ceux de Maulves et Gloin(?-) a nostre mande(?-), suyvant l’ancienne coustume, ou bien reformation et correction de l’erreur qu’a esté faict en la proportion de leur deneyral avec le nostre, qui debvoient estre egaulx, et toutesfoys la nostre monte au double du leu. Plus pour poursuyvre une surceance d’estimes à l’imitation (/l’invitation) de ceulx d’Annonay, Soyons, St-Fortunat, Aulbenas, et autres lieux et pa(r?-)roisses de ce diocese, aussi pour pourvoir au payement (et?-) de ce (biffé) a quoy montent
[Chgt page vo]
nos rooles et monstres(?-) cy devant faictz, et autres sommes par nous payees pour les fraiz de la guerre, davantage pour nous garentir envers le receveur Bonet (“des” biffé] de partie des advances [ajout au-dessus : puys un an en ca] faictes a Monseigneur de Tournon, gouverneur en ce pays, sur les deniers de la subvention et fraiz de la(?-) guerre, et finalement pour avoir permission d’imposer deniers pour satisfera a tout ce dessus et autres afferes que l’injure du temps nous apporte journellemant.
Deliberé que ledict sr lieuten.- Robert sera poyé au nom et pour le bien et proffict de ladicte ville comme on l’en a requis de fere ledict voyage et poursuytes, tant pour le zelle qu’on a tousjours(?-) recogneu en luy d’un bon patriote a l’endroict de sa patrie que pour la souffisance et experiance des afferes qui l’accompaigne [ajout plus bas : et a ces fins luy sont bailhez tous les papiers et actes necessaires, laquelle susdicte permission d’imposer lesdictz(?-) srs(?-) consulz et conselliers ont limitee jusques a la somme de cinq cens escuz sans plus], le tout a la charge qu’il sera payé et satisfaict de tous les fraiz qu’il y fera [ajout au-dessus : et de ses vacations] despuys son despart de Nymes jusques a son retour audict lieu.
Affere ou affaire/fere ou faire si abbrev
